Le Rucher de l'Abeille Noire : des produits certifiés issus de l'Agriculture Biologique depuis 2009
L'agriculture biologique invite l'éleveur d'abeilles à respecter un strict cahier des charges. Ainsi, l'apiculteur doit notamment s'assurer que :
- les sources de nectar, dans un rayon de 3 km autour du rucher, soient essentiellement constituées de cultures bio et/ou d'une flore spontanée et/ou de cultures traitées au moyen de méthodes ayant une faible incidence sur l'environnement.
- le nourrissement des abeilles soit fabriqué à partir de sucre de betterave bio ou de succédanés issus de l'agriculture biologique. Le sirop de nourrissement "conventionnel" est, quant à lui, fabriqué à partir de blé ou de maïs...
- la lutte contre l'acarien Varroa destructor s'effectue uniquement avec des produits autorisés en bio. Les acides formique, lactique, acétique, oxalique ainsi que le menthol, le thymol, l'eucalyptol ou le camphre peuvent être utilisés en cas d'infestation. Les produits utilisés en apiculture "conventionnelle" contre le varroa sont des pesticides dont les substances actives sont l'amitraze ou le tau-fluvalinate, des acaricides puissants.
- la mutilation telle que le rognage des ailes de reines ne soit effectuée.
- les ruches soient essentiellement constituées de matériaux naturels ne présentant aucun risque de contamination pour l'environnement ou les produits apicoles.
- la cire utilisée provienne d'unités de production biologiques et ne concentre donc pas de nombreux résidus chimiques fixés au fil du temps.
- les réserves de miel et de pollen soient suffisantes pour assurer l'hivernage et qu'elles soient laissées dans les ruches au terme de la saison de production.
- la soude caustique ne soit pas utilisée pour le nettoyage des cadres.
- l'organisme certificateur puisse vérifier le respect des exigences (carte précise des ruchers, n° de SIRET, MSA, registre d'élevage, étiquettes conformes...)
La certification agriculture biologique, en apiculture comme dans les autres filières, est d'abord une obligation de moyens, et non de résultats. Le cahier des charges européen est en effet basé sur la volonté de faire évoluer les pratiques agricoles pour tendre vers une amélioration globale et progressive de la qualité des aliments et une diminution des pollutions. Les contrôles ciblent donc en priorité les méthodes, les intrants et les itinéraires techniques employés par les apiculteurs. Les analyses de produits attestant l'absence de molécules chimiques ne sont pas systématiques et visent plus à détecter d'éventuelles fraudes dans les pratiques des apiculteurs eux-mêmes ou de leurs fournisseurs, plutôt que la présence de contaminants extérieurs dont l'apiculteur ne serait pas responsable.
L'agriculture biologique, quel que soit le type d'élevage, tend à favoriser les races locales. L'utilisation de l'abeille noire reste dans cette logique de préservation de la biodiversité. Chaque race possède ses qualités et ses défauts, et l'inadaptation des abeilles importées d'autres pays (ou même d'autres régions) peut faire courir un risque pour la survie du cheptel, ainsi qu'accentuer des risques sanitaires avec la propagation de parasites et de maladies.
Site de l'institut national de l'origine et de la qualité (INAO)